Un avis défavorable...
- Le Blaireau Photographe

- 25 janv.
- 3 min de lecture
Si vous êtes passionnés de nature et/ou de photographie, vous n'avez pas pu passer à côté des très nombreuses publicités concernant la sortie du film "Le chant des forêts" de Vincent Munier.

J'ai déjà vu certaines de ses expositions, ses films, certaines interview, j'aime beaucoup ses photos mais je dois avouer que là, je n'ai pas accroché.
La qualité des images et du son vous plongent pourtant complètement dedans, l'idée de la transmission entre générations offre clairement le côté émotionnel du film, malheureusement j'y suis resté hermétique.
Je ne suis pas capable de réaliser les mêmes images, de monter un film et je ne vais pas utiliser d'excuses comme "oui mais je n'ai pas son matériel" ou "mais moi je reste en France" etc... Bien que ce dernier point a aussi contribuer à ma déception lors de la diffusion.
Il y a peu, un média reprenait une phrase de Vincent Munier qui disait "Pour s'émerveiller, pas la peine d'aller loin" mais dans ce film, une bonne partie se passe en Norvège afin de mettre en avant une espèce que l'on ne voit plus en France, le grand tetras.
Donc la transmission est laquelle ici ? Si tu ne trouves pas LE sujet que tu veux, ne t'intéresses pas à d'autres, présents dans ton pays mais va dans les pays qui abritent TON sujet ? Bien qu'il soit mentionné que chaque espèce à son importance.
Autre point qui m'a dérangé c'est le côté "éthique"... Je le mets entre guillemets parce que je peux me tromper dans mon analyse des images mais cela a vraiment créé une déception en moi au visionnage.
Par exemple, en filmant au nid un hibou nourrissant ses petits, on voit bien l'adulte qui est captivé par la caméra... Peut-être est-ce un piège photographique mais pour ma part, j'ai interprété cette réaction comme un dérangement pouvant générer un stress.
Second exemple, plus marquant encore, le moment où Vincent Munier montre à son père Michel, un lynx.
Ils se posent à un endroit où le lynx a laissé une carcasse pour venir grignoter de temps en temps, ils sont un peu au-dessus mais tout juste dissimulés derrière des filets de camouflage tendus, comme il est possible de le faire pour les affûts aux blaireaux qui ont une vue largement moins développée que celle d'un lynx.
Et malheureusement, dès son arrivée, le félin repère de suite les intrus et le dérangement sera tel qu'il finira par déplacer son garde-manger.
Donc oui, pour quelqu'un comme moi, qui pratique la photographie animalière, qui se mets une pression pour ne pas être repéré mais surtout pour ne pas déranger l'animal que je shoote. Si un chevreuil me voit et aboie, même si j'ai une belle photo, elle restera loupée dans mon esprit car il y a eu dérangement. Souvent je ne déclenche pas par peur justement de créer un dérangement mais cela m'arrive tellement souvent malheureusement lors de mes déambulations en forêt.
Alors attention, je ne dis pas tout cela comme donneur de leçons mais plutôt comme interrogateur et je serais ravi que Vincent Munier (bah oui tiens, on a des amis communs alors qui sait) vienne lui même commenter cet article pour m'éclairer un peu.
Ce n'est pas pour cela que je ne vous inciterai pas à aller le voir et vous faire votre propre idée car c'est de loin le meilleur moyen. J'ai même beaucoup hésité avant de rédiger ceci mais j'aime écrire et j'ai aussi envie d'alimenter ce site avec des morceaux de moi.
Stéphane





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